Il est très probable que l’une des principales raisons de la puissance électorale du Front national (FN) - ainsi que de celle de ses homologues européens - soit l’existence d’interdits touchant la parole raciste. Cette législation loin d’apprendre à respecter l’Autre Différent que Soi empêche au contraire de réfléchir à la nature de la haine que l’on éprouve.
Cette censure oblige à rester enfermé dans la prison de cette passion destructrice. Car ce type d’émotions ne peut pas être banni des consciences par la contrainte. Les effets du «tais-toi !» ne peuvent qu’ajouter à la haine des minorités celle que l’on voue aux représentants de la société qui commine au silence. La société n’y peut pas grand-chose, ceux qui tiennent des propos racistes n’ont plus confiance en elle, ils n’attendent plus rien du débat démocratique, préférant exprimer leurs sentiments et leurs idées en privé.
Or, pour qu’on continue à lui accorder encore toute notre confiance, le débat public ne devrait exclure aucune idée ni aucune passion si repoussante soit-elle. Sans cette confiance, la démocratie perd toute sa raison d’être. Ceci explique sans doute le succès de ceux qui cherchent à la détruire aujourd’hui d’une manière ouverte ou dissimulée. Une démocratie qui exclue idées et passions de la discussion publique devient fragile. Si l’on ne le faisait pas, la haine prendrait-elle le pouvoir ?
La démocratie n’est pas un régime pour les lâches comme certains le pensent. Elle suppose que l’on soit prêt à cou




