Depuis quelques années, les Français se rendent compte qu’ils se noient dans la solitude. En 2013, une enquête de la Fondation de France a établi que 12% de la population se trouve en état d’isolement. A ce chiffre, il faut ajouter 26% de personnes ayant des liens exclusivement avec l’un des cinq cercles de sociabilité (famille, amis, travail, associations, voisinage) dont la brisure risque de les désocialiser. Un Français sur quatre n’a aucun ami. 39% ne voit plus (ou presque) sa famille.
La solitude hante désormais les catégories jadis indemnes à cette terrible maladie. Il en est ainsi des jeunes de moins de 29 ans et des populations urbaines. Et elle menace aussi les relations dans lesquelles elle devrait être le plus absente : presque un mariage sur deux se termine par un divorce. 40% des enfants ne voient plus leur père. D’ailleurs, le sentiment d’être seul atteint 21% des Français et donc aussi les personnes non objectivement isolées.
C’est la misère des liens plus que leur absence que ces chiffres mesurent. Outre provoquer des dépressions et des suicides, la solitude diminue l’espérance de vie au même titre que le tabac et plus que l’obésité selon des études réalisées aux Etats Unis - où les victimes de ce sentiment impitoyable atteint 40% de la population. Il diminue les défenses immunitaires et favorise les inflammations, ce qui explique l’apparition des maladies telles que le diabète et l’arthrite.
Or, les pouvoirs publics, les médias et les associations, au lieu de c




