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Libération

La cigarette, l’héroïne de demain

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Publié le 27/06/2014 à 18h06

L'interdiction prochaine de l'e-cigarette «dans certains lieux publics» - là où il y a «beaucoup de monde» et «des enfants», a déclaré la ministre de la Santé il y a quelques semaines - a suscité de nombreuses critiques. A quel titre interdire, ne serait-ce que «spatialement» un produit qui, non seulement, ne nuit pas à la santé mais qui permet, en outre, d'arrêter de fumer ? Or, aveuglés sans doute par le voluptueux plaisir que leur procure le vapotage, les protestataires ne remarquèrent même pas que cette mesure devait en accompagner une autre : celle qui interdirait la consommation de cigarettes «normales» dans des lieux publics ouverts comme les plages - là où il y a «beaucoup de monde» et «d'enfants». Des lieux dans lesquels la fumée ne produit pas des effets délétères sur les non-fumeurs.

A l’instar de ce qui arrive déjà aux Etats-Unis, on passera d’une interdiction de fumer en public, justifiée par les nuisances physiques provoquées aux tiers, vers une autre. Désormais, cette pratique sera bannie à cause du message scandaleux qu’elle renvoie à ceux qui la contemplent. En somme, fumer sera considéré comme une incitation à fumer. Ce procédé semble annoncer un véritable tournant dans les politiques antitabac.

Si la logique qui l’anime se développe, les fumeurs devront se cacher de tous, y compris des autres fumeurs pour empêcher cette forme de propagande qui consiste à faire la même chose qu’eux. Ils devront ainsi éviter de se montrer en train de

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