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Libération

C’est la faute au capitalisme

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Publié le 04/07/2014 à 19h46

C’est un lieu commun de dénoncer les ravages que le capitalisme produit sur la société. Jadis ces critiques se concentraient sur l’exploitation des travailleurs. Par la suite, elles sont devenues de plus en plus métaphoriques. Elles ont pointé les rapports de l’homme à la nature, le formatage des consommateurs, la misère de nos liens, notre mal de vivre. Le capitalisme nous a même volé le sommeil, selon un chercheur américain (1).

Or, l’histoire du communisme réel nous permet de nuancer ces jugements. On sait que ce système a opprimé les travailleurs et les populations avec beaucoup plus de sauvagerie. Et qu’il a détruit, non seulement leurs liens, mais aussi leurs vies. Et que dire des époques sombres et faméliques qui ont précédé l’apparition du capitalisme ?

Cela ne signifie pas, bien évidemment, que ce système ne soit exempt de critiques. Mais il semblerait que, de nos jours, il serve d’exutoire à tous les maux qui nous accablent. Même nos larmes et nos cauchemars lui seraient impartis. Et aussi nos solitudes et la pluie et le froid qui hante les villes de l’hémisphère Nord à Noël. Et les suicides et le machisme et la tristesse de la vieillesse. L’égarement des jeunes et l’alcoolisme. Et même la folie semble avoir pris racine dans le capitalisme mondialisé.

On dirait, en effet, que les intellectuels ont beaucoup de mal à analyser le mal de vivre des pays riches. Le fait de dénoncer le capitalisme leur permet de se sentir héroïques sans prendre le moindre risque. Surtout cel

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