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Fête nationale

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ParFrédéric Worms
professeur de philosophie à l’Ecole normale supérieure.
Publié le 11/07/2014 à 18h06

«Les voilà, avec leurs robes noires, et leurs toges rouges, tu les vois ?

- Où ça, où ça ?

- Là, les magistrats, les avocats ! Ils transportent des chariots pleins de dossiers, les armes de leur régiment !

- Ah oui, je les vois ! Ils n’ont pas d’iPad ?

- Et là, c’est amusant ! Des professeurs !

- A quoi les reconnais-tu ?

- Quand même, ça se voit… et ils défilent avec leurs élèves ! Des plus petits de maternelle aux post-doctorants (cela peut aller jusqu’à 40 ans) ! Il y a même l’administration, et des parents ! Et les géants du carnaval scolaire, un par discipline !

- Là, là, qu’est-ce qui est écrit ?

- C’est du grec, sur le char de la philo, cela veut dire : "Connais-toi toi-même" !

- Et ça signifie ?

- Oh, pas grand-chose : examine ta vie, connais tes limites, sache ce qu’est l’homme, n’oublie pas l’essentiel, ne te fais pas avoir, et j’en passe.

- Et là, là ! Qui est-ce ?

- Oh, mais ce sont les docteurs et docteures, infirmiers et infirmières, soignants et soignantes ! Regarde leurs blouses, leurs instruments, leurs machines, il y en a même qui utilisent le nucléaire ! Et là, regarde, un oreiller, un coussin !

- Ils demandent quelque chose ?

- Mais non, ce n’est pas une manifestation, c’est le défilé ! C’est quelque chose qu’ils obtiennent ici en défilant : la reconnaissance, nationale, publique, pour ce qu’ils font, et sans quoi tout s’écroule ! Comme les soldats ! Heureusement qu’il y a cette reconnaissance.

- Mais les soldats, où sont-ils ?

- Ah oui, les voici, avec tous ceux qui ris

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