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À contre-sexe (1/6).

Le sexe, une partie de plaisir ?

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Plaisir, puissance, transcendance, nouvelle sociabilité : Marcela Iacub se demande durant tout l’été à quoi sert le sexe…

Publié le 11/07/2014 à 18h06

Le sexe, ça sert à quoi ? Autrefois, on répondait : «A faire des enfants». Ce noble but avait façonné la régulation de cette activité. Aussi bien avec qui on pouvait la pratiquer que les manières de s'y prendre. Or, il ne faut pas croire qu'une telle instrumentalisation ait entraîné l'oubli des plaisirs. Depuis la fin du Moyen Age, les juges veillaient à ce que les époux accomplissent leur devoir conjugal. Même les lépreux en avaient le droit. Et au lieu de traquer les violeurs et les harceleurs comme aujourd'hui, c'étaient les impuissants - et aussi les impuissantes - qui étaient poursuivis et déshonorés par les tribunaux. Sans compter que, jusqu'au XVIIIe siècle, les prêtres et les médecins donnaient des conseils aux femmes pour atteindre l'orgasme sous prétexte que la fécondation n'était pas possible autrement.

Les peines brutales prévues par l'ancien droit pour les déviances sexuelles étaient rarement appliquées et elles avaient suscité plus de curiosité que de craintes. Ainsi, au XVIIIe siècle, coucher avec des hommes (crime puni en principe du bûcher) était une véritable mode chez les hétérosexuels mâles. De nos jours, l'idée que le sexe sert à faire des enfants est tombée en désuétude. Et, ce, pas seulement parce qu'on peut procréer sans faire appel au sexe. Notre société se dit émancipée de la religion qui l'étouffait de cette contrainte absurde. Désormais on admet toutes les postures et n'importe quel partenaire pour autant que tout un chacun so

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