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Libération

Mourir dans l’indignité

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Publié le 19/09/2014 à 17h06

En 1982, Frank Van Den Bleeken, alors âgé de 20 ans, viole brutalement trois femmes. L’une d’entre elles est une enfant d’à peine 11 ans. Arrêté par la police belge qui avait convoqué sa mère, il avoue ses crimes dans une explosion de pleurs. Pendant sept ans, il sera enfermé dans un hôpital psychiatrique et aurait dû y rester jusqu’à la fin de ses jours. Pourtant les médecins décident de faire une expérience : sortir un temps Van Den Bleeken pour tester son comportement. C’est alors qu’il viole et qu’il tue Christine Remacle, une étudiante de 19 ans. Vingt-cinq ans plus tard, Van Den Bleeken fait une demande d’euthanasie pour mettre fin à des «souffrances physiques insupportables causées par sa détention», s’estimant par ailleurs un danger pour la société.

Il avait déjà demandé à être transféré dans un centre psychiatrique réputé des Pays-Bas pour les internés à vie. Cette requête lui a été refusée. Le médecin qui a évalué sa demande d’euthanasie s’est, lui, montré dubitatif sur ses raisons de mourir. Ce qui fait souffrir Van Den Bleeken au point de vouloir en mourir n’est pas tant sa maladie mentale que ses conditions de détention, a déclaré le psychiatre. Il n’empêche, trois médecins acceptent sa demande. Il sera bientôt euthanasié dans un hôpital civil.

Cette décision a produit stupeur et émoi. Ne parlons pas de ceux qui voudraient qu’il paye à vie en prison sa dette envers la société, même s’il s’agit d’un malade psychiatrique. Le problème, ici, est le sens que la Belgiqu

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