Leurs arguments semblent, a priori, irrécusables. Croyants ou incroyants, lorsque des musulmans d’Europe rétorquent à ceux qui les pressent de se démarquer des jihadistes que non, ils n’ont pas plus à le faire que n’importe quel autre citoyen, que la République ne peut pas leur demander à la fois d’être des individus, français et uniquement français sur la scène publique, et de se comporter en garants moraux d’une supposée communauté à laquelle ils ne sentent pas d’appartenance, lorsqu’ils s’indignent qu’on les appelle à condamner une violence qu’on les soupçonne ainsi d’approuver, on ne peut que comprendre et respecter cette position et le refus qui en découle.
On devrait même s'en féliciter car il y a, là, la meilleure des réponses non seulement au pur et simple racisme mais à également à sa forme tempérée et tellement plus répandue qui fait voir un autre dans tout Arabe, différent, insaisissable et «pas comme nous».
Nous sommes comme vous, disent au contraire ces musulmans d’Europe qui ne veulent plus être regardés comme une catégorie à part mais, avant tout, comme français, allemands ou autres. Nous ne voulons pas, protestent-ils, être réduits ou même renvoyés à une identité religieuse qui n’est, de surcroît, pas forcément la nôtre car un musulman peut tout aussi bien s’éloigner de la foi de ses ancêtres qu’un chrétien ou un juif. Quand finira-t-on par voir, demandent-ils en un mot à la communauté nationale, que l’intégration marche malgré ses ratés ; que le burea




