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Libération

Révo cul à «Libération» (épisode 7)

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Publié le 16/10/2014 à 17h06, mis à jour le 16/10/2014 à 21h47
Ce sera fin octobre fin de partie pour le chroniqueur, qui achèvera d’ici là de revisiter sa perception d’un quart de siècle de révolutions culturelles à Libération, et les raisons bonnes et mauvaises qui firent et défirent No Smoking.

Même le principe d'une liberté d'expression intangible s'était perdu de vue à force d'aller de soi. Une fois énoncé comme une évidence que pas d'index, pas d'autodafé, pas de Fahrenheit 451 chez nous, il fallut bien composer. Entre loi Gayssot et Ier amendement de la Constitution américaine, composer avec des principes qui n'en étaient plus tout à fait, en radotant les vieux «p'têt ben qu'oui, p'têt' ben qu'non» du bocage bas-normand ; composer avec les antiques éthiques de conviction et de responsabilité de ce vieux Max Weber, et des valeurs qui, au nom d'une démocratie manucurée, seraient censées se valoir toutes. Et jamais l'on ne cita autant le mot trop fameux du prince Salina ( cf. le Guépard, de Giuseppe Tomasi Di Lampedusa), tarte à la crème de l'indigence éditoriale : «Il faut que tout change pour que rien ne change.»

C’est dans le mitan des années 2000 qu’il reviendrait au principe dit «libertaire» de se réincarner dans le formidable bouleversement d’une dite «révolution numérique». Se réincarner ? S’adapter, plutôt, pour finalement se pervertir dans une parole ressemblant bientôt à la liberté d’expression comme moi au dalaï-lama.

Internet commença avec le siècle dans un émerveillement. Sur mon bureau, mon chat découvre un écran proposant soudain à sa curiosité ahurie autre chose que des pages grises de texte blafard. C’est un moteur de recherche, c’est déjà Gogol. Un ami de passage le sollicite, en quête d’une «image» du

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