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ParSandra Laugier
professeure de philosophie à l’université Paris-I Panthéon- Sorbonne.
Publié le 07/11/2014 à 18h56

Dans le dernier film de David Fincher, Gone Girl (1), on voit l'héroïne, Amy Dunne (Rosamund Pike), mettre vicieusement en scène sa propre disparition, afin de faire accuser de meurtre son balourd de mari Nick (Ben Affleck, magnifiquement inexpressif dans le style de sa performance d'A la Merveille de Terrence Malick), et se venger d'atroces déceptions : de fiancé idéal et auteur prometteur à New York, il a viré, de retour dans sa ville natale du Missouri, au prof loser vautré dans son canapé parmi ses canettes de bière et accro à Battlefield 3, il a négligé sa femme et - crime absolu - l'a trompée avec une étudiante demeurée et collante. Gone Girl présente l'action néfaste de la presse et des médias, qui conduisent le public à voir Nick comme un meurtrier à partir d'images bien choisies (le montrant souriant et flirtant là où il devrait être éploré) ; mais ce qu'on retient d'abord du film est la supermanipulation opérée par Amy, qui parvient à faire accuser Nick mais aussi à le récupérer, quand elle revient à la maison, couverte de sang telle Lady Macbeth et prétendant avoir été séquestrée et violée par un de ses ex (Neil Patrick Harris) - qu'elle a, en fait, égorgé habilement dans une scène sexuelle d'une grande violence. A la consternation générale, Amy et Nick se remettent ensemble, plutôt dans une sale ambiance. «Don't Piss Her Off», offre à Nick, ultime conseil, son avocat (réjouissant Tyler Perry). Le film est plut

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