Pour qui le connaît, connaît l’homme et la détermination avec laquelle il avait semé les germes de la démocratie en URSS et laissé l’Europe centrale recouvrer son indépendance, il y avait là une incohérence, décevante et dérangeante. Gorbatchev au secours de Poutine ? Le père de la pérestroïka prenant maintenant fait et cause pour celui qui achève de défaire son legs, muselle les journalistes et persécute ses opposants ?
Ça ne collait pas mais ce n’était pas le cas, quoi qu’on en ait dit.
En marge des célébrations du 25e anniversaire de la chute du Mur, Gorbatchev réunissait le week-end dernier, à Berlin, le New Policy Forum, son think tank international dont il m'avait demandé - ce n'est pas un secret - de faire partie dès sa première session. Frénétiquement applaudi par les Berlinois, Gorbatchev ne regrettait certainement pas d'avoir permis que l'unification allemande se fasse dans la liesse et sans drame. Il regrettait encore moins d'avoir changé, du tout au tout, son pays et le monde. Il ne cessait, au contraire, de s'en féliciter mais il ne cachait pourtant pas une colère qu'il n'avait jamais exprimée avec autant de force. Elle était qu'une «euphorie triomphaliste soit montée à la tête des dirigeants occidentaux» après la chute du Mur, qu'ils aient «pris avantage de l'affaiblissement de la Russie pour proclamer un monopole de leadership sur le monde» et ne se soient pas souciés de «bâtir de nouveaux mécanismes de




