Entre une crise gouvernementale en Suède et une législative partielle à Troyes, il n’y a pas que vingt heures d’autoroute. Il y a surtout la crise de la social-démocratie européenne qui vient, tout à la fois, de faire tomber le gouvernement de gauche à Stockholm et d’éliminer les socialistes français du second tour de cette partielle pour ne laisser en lice que la droite et le Front national.
Au premier regard, c’est l’affirmation des nouvelles extrêmes droites qui a, dans les deux cas, fait mordre la poussière à la gauche. Qu’elles soient à 10, 15 ou près de 30% des voix, ces forces ont maintenant brouillé les cartes dans presque toute l’Union, où elles se sont imposées en troisième et incontournable parti venu casser la traditionnelle alternance entre gauche et droite. Madame Le Pen recueille désormais nettement plus de suffrages que les socialistes français. A Stockholm, c’est en joignant leurs voix à celles de la droite que les élus de l’extrême droite locale, les Démocrates de Suède, ont mis les sociaux-démocrates au pouvoir en minorité mais le tableau est en fait partout le même, de la Grande-Bretagne à la Hongrie en passant par la Belgique, les Pays-Bas et bientôt, peut-être, l’Allemagne elle-même.
Il ne faut pourtant pas confondre la cause et l’effet. Ce n’est pas la gauche qui perd pied devant la montée de l’extrême droite. C’est, au contraire, l’extrême droite qui progresse sur les décombres d’une social-démocratie dont la crise est déjà vieille de quarante ans. Elle




