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Libération
Critique

La télé que vous détesterez

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Publié le 21/10/1997 à 10h25

La SIC (1) est l'un des succès cathodiques européens les plus fulgurants de ces dernières années, une météorite débarquée il y a quatre ans dans le tranquille paysage audiovisuel portugais, où régnait en maître la télévision publique. Grâce à ses méthodes de hussard, cette chaîne privée est rapidement devenue la première du pays. 50% d'audience en moyenne et les états d'âme d'un tiroir caisse: voilà le portrait grossier d'une caricature grossière de télévision commerciale. A la tête de cette entreprise, Emidio Ranger, directeur des programmes et de l'information, qui a conquis le coeur de la ménagère portugaise de moins de 50 ans en diffusant à tour de bras des telenovelas, nouillasseries comparables aux Feux de l'amour mais ayant pour particularité d'être fabriquées au Brésil. Ce sont les coulisses de ce supermarché télévisuel que Mariana Otero nous dévoile dans son documentaire Cette télévision est la vôtre. Un travail rendu possible par la nature exhibitionniste de la SIC, qui affiche au grand jour et sans aucune pudeur son ambition: faire du pognon. Régulièrement, la SIC va jusqu'à claironner à l'antenne ses résultats d'audience et prouve, chiffres à l'appui, qu'elle relègue loin derrière elle sa principale concurrente, la chaîne publique RTP. D'ailleurs, dans les locaux de la SIC, les chiffres décident de toutes les orientations, comme l'atteste cette séquence, tournée en période de crise aiguë. Ce jour-là, la chaîne publique RTP vient d'allonger la durée de son journal

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