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Libération
Critique

«Big Jane», polar pétaradant.

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Le premier roman de Michael Cimino écume l'Amérique des années 50 dans le sillage d'une motarde.

Publié le 04/09/2001 à 0h43

On ne s'attendait pas à ça. De toute façon, on ne peut jamais s'attendre à quoi que ce soit avec Michael Cimino. Qui pouvait croire que le réalisateur du Canardeur allait tourner, au milieu des années 70, le Voyage au bout de l'enfer ? Une épopée qui effaçait, sans doute un peu facilement, la mauvaise conscience américaine mais restait cependant un sacré bon film devant l'éternel. Qui pouvait croire que le même Cimino allait dynamiter la légende de l'Ouest avec la porte du Paradis? Et qu'il allait rebondir après cet échec cinglant en tournant l'Année du Dragon? Chaque fois, ses films sont extrêmement différents les uns des autres, mais chacun est profondément enfoui dans les mythes fondateurs des Etats-Unis (l'immigration, la création de l'ouest...). Big Jane, son premier roman, ne déroge pas à la règle. Car il ne ressemble à rien de ce qui précède et touille avec délice la légende américaine.

Héroïne du roman éponyme, Big Jane est une très belle grande jeune femme à la volonté tellement affirmée qu'elle paraît créer le monde autour d'elle. Les voisins ont même oublié le nom de son père, qu'ils ont rebaptisé Little Jane par comparaison avec elle. Ce qui n'a pas arrangé le caractère du paternel: «Little Jane, maigre et l'air bougon, était seul dans la maison de Jane, il fumait clope sur clope en regardant Harry Truman à la télévision prendre la défense de sa fille Margaret. Tout à coup, il lança son cendrier en céramique préféré à l'emblème des marines en direction du poste qu

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