Perpignan envoyé spécial
Le festival Confrontations a pour principe de... confronter les films à une thématique historique. Du 5 au 12 avril, la 38e édition s'est intéressée à la représentation du pouvoir politique. L'idée serait venue à l'esprit des animateurs de l'Institut Jean Vigo de Perpignan quand ils se sont aperçus que leur manifestation voisinait avec l'élection présidentielle. Qu'importe le flacon puisqu'il y eut l'ivresse d'une goulée de films : Lénine en octobre, effrayante hagiographie signée Mikhail Romm, Scipion l'Africain, hymne fétide de Carmine Gallone au vainqueur d'Hannibal, la Prise de pouvoir par Louis XIV, de Roberto Rossellini, Tempête sur Washington, d'Otto Preminger... Ou encore Ivan le terrible, de Serge Eisenstein.
Eisenstein censuré. On pouvait se demander pourquoi la première partie de ce film avait reçu un prix Staline en 1945 et la seconde été interdite l'année suivante ? Dans l'oeil du Kremlin, Natacha Laurent (1) explique que, dès sa conception au début des années 40, le projet d'Eisenstein est sous haute surveillance. Le sujet (la fondation de l'Etat russe par Ivan IV) est béni par Staline, mais le casting pose problème. Le comité du cinéma s'oppose ainsi au premier choix pour le rôle d'Evfrosina, la tante du tsar. L'instance remarque que «les traits sémites de l'actrice Ranevskaïa apparaissent de façon très évidente, notamment en gros plan». Eisenstein se tourne vers Serafima Birman, tout aussi juive. Les autorités plient : Birman sera Evfro




