C'est durant l'été 1924, sur une plage de Saint- Tropez, que commence la carrière comique de Jacques Tati. Il a 17 ans, passe des vacances avec sa famille, les Tatischeff, et présente aux désoeuvrés hilares un numéro de mime sportif, «le football vu par un gardien de but» (1). Le grand corps adolescent saute et bouge, raide et souple à la fois, mimant les réflexes et les angoisses du portier du Racing Club de France, la casquette vissée sur le crâne. Il prend même le soin de faire enregistrer la date et la nature de ce numéro par le secrétaire de la Fédération française de football.
Music-hall. Sur ce modèle déposé, le sport va faire la gloire de Jacques Tati. Durant les années 30, il est en effet l'une des vedettes européennes du music-hall, tournant à Berlin, Londres, Milan, Prague, Paris, un numéro d'«impressions sportives» où il excelle à se transformer en boxeur, rugbyman, tennisman, footballeur, cavalier ou cycliste. Dans un texte de 1936, Colette célèbre «cet étonnant artiste qui a inventé une chose qui participe de la danse, du sport, de la satire et du tableau vivant : être ensemble le joueur, la balle et la raquette, le ballon et le gardien de but, le boxeur et son adversaire...» Ses premiers courts métrages, On demande une brute, Soigne ton gauche, Gai Dimanche puis l'Ecole des facteurs, valent d'abord par l'enregistrement de ses talents comiques et sportifs. Il est célèbre par la scène avant même de passer au cinéma : son public, fidèle, vient ret




