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Davis Grubb, le complice idéal

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Auteur du roman inspirateur, il s'est passionnément investi dans le film.

Publié le 04/09/2002 à 0h51

Los Angeles correspondance

Emballé par The Night of the Hunter, le roman dont son imprésario Paul Gregory lui avait transmis les épreuves, Charles Laughton chercha à recruter l'auteur, Davis Grubb, pour écrire le scénario de son film. L'homme se révéla difficile. Il ne prenait pas l'avion, rarement le train, travaillait encore dans son agence de publicité, pas encore rattrapé par l'immense succès de ce premier roman. Laughton dut se rendre à Philadelphie pour passer cinq jours avec lui. De retour à Los Angeles, il sut habilement attiser la complicité de l'auteur, l'inondant de questions par téléphone, au point que Grubb décida de quitter son emploi pour mieux se consacrer à la tâche. Son père architecte lui ayant appris à dessiner, Grubb ne tarda pas à envoyer des croquis pour préciser sa pensée et montrer à Laughton comment il voyait tel ou tel personnage. Ce sont pas moins de 119 croquis qui sont réunis dans les collections Lanchester déposées à la Library of Congress. La correspondance n'en est pas moins fascinante. Grubb était cinéphile, et pouvait discuter casting ou références visuelles aussi bien que Laughton. Il voyait ainsi le Prêcheur comme un homme plus chétif et plus âgé que Mitchum, une sorte de Walter Huston. Laughton avait toujours envisagé Gary Cooper pour le rôle, avant que son ami acteur William Phipps lui suggère Robert Mitchum, qu'il connaissait. Laughton tranche finalement, de façon révélatrice : «Un homme qui vend le Bon Dieu, Davis, doit être sexy.»

Dévo

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