Los Angeles correspondance
«We never had it so good», avait écrit l'équipe entière de la Nuit du chasseur le dernier jour du tournage sur un dessin cadeau d'adieu pour Charles Laughton résumant assez bien l'expérience du film. «On n'a jamais eu pareille aubaine», c'est bien ce qu'on se disait aussi, quarante-huit ans plus tard, après non pas une mais deux nuits du chasseur à Ucla (université de Californie Los Angeles). Non seulement on a vu une copie restaurée dans ses noirs les plus profonds, tels qu'on ne les voyait plus depuis des lustres la contribution la plus déterminante du chef op Stanley Cortez, qui utilisait la pellicule Tri-X nouvellement mise sur le marché au début des années 50 mais, la semaine suivante, fin août, l'auteur de ce projet de restauration, Robert Gitt, a présenté deux heures de rushes sélectionnées parmi les huit conservées par l'Ucla Television and Film Archives. Hormis pour Chaplin, il est rarissime de pouvoir étudier pareil matériau sur un film, à plus forte raison sur une oeuvre culte et hors normes comme celle que Charles Laughton a tournée du 15 août au 7 octobre 1954.
On connaît l'histoire : en prison, Preacher «Prêcheur» Harry Powell (Robert Mitchum) découvre le secret d'un homme sur le point d'être pendu, qui a caché 10 000 dollars volés à une banque. Sitôt relâché, Preacher va trouver la veuve et ses deux enfants, épouse la veuve, la tue quand elle découvre son but véritable et poursuit les enfants qui sont les seuls à savoir où est




