Un petit matin triste. Dans un train, une jeune femme au regard absent part travailler en usine. Claudine (Sofia Leboutte, au visage émouvant) va y retrouver la chaîne. Et le souvenir de Joanna, sa copine. Un jour, apprend-on, celle-ci a disjoncté, elle a commis un acte répréhensible, dont le film ne nous dira pas la nature, et elle a atterri en prison. Le syndicat, dont Claudine est élue représentante du personnel, a lâché Joanna. Claudine aussi a abandonné son amie. Elle vit avec ce remords. En prison, Joanna (Séverine Caneele) reste emmurée dans sa révolte, dans son impatience absolue. Pourtant, autour d'elle, les gens ne sont pas particulièrement durs. Les codétenues sont même plutôt sympathiques, à part une ou deux fayotes, trop heureuses de jouer les relais des gardiennes, et une de ces gardiennes, qui est d'ailleurs plus idiote que méchante. La chef et le directeur sont humains, presque trop humains. Le lien entre ces deux univers, c'est l'amitié, un moment défaite, de Joanna et Claudine. L'histoire que raconte Bénédicte Liénard avec une grande rigueur est celle de ce lien qui se renoue et des conséquences de ces retrouvailles.
«Les Treize de Clabecq». D'un côté, Joanna s'affirmera dans la centrale où elle doit encore passer de longs mois. De l'autre, Claudine, rebutée par un accord avec le patronat qu'elle trouve inique, et partageant de plus en plus les raisons qui ont poussé son amie à la violence, se révoltera contre la corruption des syndicats. En ceci, Une part d




