Quand on voit d'un coup 43 films d'un cinéaste, certaines idées s'affinent, d'autres sont mises en cause ou confirmées. Sur Michael Powell (1905-1990), la rétrospective organisée par le festival de Saint-Sébastien et la Filmoteca española de Madrid a permis de certifier le génie du natif du Kent, de confirmer sa place dans le peloton des très grands metteurs en scène. Une séquence du Colonel Blimp (1943) comme celle du duel entre Anton Walbrook, l'Allemand, et Roger Livesey, l'Anglais, ou certaines scènes où Deborah Kerr, qui interprète trois rôles, est filmée amoureusement, entrent directement au panthéon, même si, sur la longueur, cette saga d'un officier anglais borné est parfois inégale.
Pas une ride. A Matter of Life and Death (1946), avec son scénario délirant signé, comme le précédent, par Pressburger et Powell, supporte sans encombre la multiple vision : les aventures de David Niven en aviateur anglais qui survit par miracle à l'anéantissement du bombardier qu'il pilotait, et ses débats avec les responsables du paradis qui veulent le récupérer sont croquignolets. Ajoutez le travail du décorateur Alfred Junge, du directeur de la photo Jack Cardiff, l'interprétation de Kim Hunter (récemment disparue), de Roger Livesey, David Niven, et la mise en scène qui manie gags et ruptures de ton à la manière d'un Frank Capra baroque, et vous obtenez un film qui émerveille pendant toute sa durée. Aucune déception à redouter non plus du très sensuel Black Narcissus (1947) avec Debor




