De l'équipe du Splendid, Michel Blanc est certainement celui qui a su le mieux garder le cap de l'esprit grinçant des débuts Jugnot devenu incroyablement vieille France, Clavier explosé dans son outrance ou encore Balasko macérant dans l'acrimonie névrotique. Embrassez qui vous voudrez, librement adapté de Vacances anglaises, un roman de Joseph Connolly, fournit une preuve éclatante du savoir-faire de Blanc dans un registre de comédie qui, en fait, n'a pas grand-chose à voir avec ce qui se pratique en France dans le genre.
Tous frustrés. On est plus proche de certains Woody Allen ou Blake Edwards : sens de la répartie vacharde, goût des situations scabreuses, enchaînements catastrophiques des quiproquos, fond dépressif. Ici, tous les personnages sont confrontés à leurs frustrations existentielles et/ou sexuelles, le film décrit leur quête d'amour et de sexe comme un chemin de croix jalonné par les humiliations et la violence. Michel Blanc se met lui-même en scène dans le rôle ingrat d'un jaloux maladif (pigiste dans un journal) se ridiculisant à traquer les amants de son épouse (avocate d'affaires) interprétée par Carole Bouquet. Franchissant les paliers de l'hystérie paranoïaque, il gesticule, se fait frapper, rampe ivre mort sur la moquette, supplie, pleurniche, intimide, vocifère comme un perdu avant d'être expédié sous bonne escorte vers l'hôpital psychiatrique le plus proche.
On sait, depuis Grosse fatigue et Mauvaise passe, que Michel Blanc ne cesse de remettre sur le