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Mémoires de Cuba à Biarritz

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Une redécouverte de Tomas Gutiérrez Alea, disparu en 1996.

Publié le 16/10/2002 à 1h25

Que connaît-on de Tomas Gutiérrez Alea, ce réalisateur cubain mort il y a six ans d'un cancer ? Fresa y Chocolate (Fraise et chocolat, 1993), qui fit sensation quand il sortit à La Havane. Pour la première fois, dans le cinéma cubain, un personnage principal y était homosexuel et intellectuel dissident de surcroît. A revoir cette comédie en demi-teinte, le vrai sujet du film est moins le proscrit que le jeune communiste qu'il a rencontré, l'évolution de cet étudiant, de la connerie machiste à plus d'ouverture d'esprit. Alea exprimait ainsi ses espoirs de voir évoluer vers plus de souplesse un régime qu'il a toujours soutenu les yeux ouverts. Ce souhait n'a pas été exaucé.

Triptyque. Fraise et chocolat n'était pas la principale attraction de la rétrospective proposée à Biarritz. En 1960, le cinéaste formé au Centro Sperimentale de Rome n'a pas 32 ans quand il signe son premier long métrage, Histoires de la révolution. Ce triptyque sera le premier titre produit par le Cuba «nuevo» de Fidel, le premier enfant de l'Icaic, l'Institut cubain des arts et industries cinématographiques, fondé par Alea lui-même et Santiago Alvarez. Le film, sorte de Paisa cubain, inédit sous nos latitudes, évoque trois situations. La première, dans un style proche du polar américain, occupe une nuit à La Havane. Quelques mois avant la victoire castriste, une manifestation étudiante contre Batista a mal tourné. Un blessé échoue dans l'appartement d'un couple. La femme veut le soigner, le mari refuse. De

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