Rotterdam envoyé spécial
L'an dernier, le festival international du film de Rotterdam avait rassemblé 350 000 spectateurs. Cette année, en présentant plus de 230 films dans 19 salles, la manifestation a dépassé ce record de 5 000 entrées. Il est parfois difficile de s'y retrouver mais l'effort prospectif se révèle payant. Sans remonter à la découverte de Jarmush, des rendez-vous avec Paradjanov dans le Rotterdam pionnier des années 70 et 80, n'est-ce pas ici qu'a eu lieu la première européenne de Mundo Grua de Pablo Trapero, ou que l'année passée, on vit, trois mois avant Cannes, le Japòn du Mexicain Carlos Reygadas ?
Regard sombre. Le film phare de cette trente-deuxième édition s'intitule Noi Albinoi et il est islandais. Il a déjà décroché le grand prix du festival d'Angers (Libération du 29 janvier). L'Islandais Dagur Kari, 30 ans, y raconte l'histoire de Noi, un jeune albinos de 17 ans. Cet adolescent taciturne perturbe les habitants de la petite ville isolée où il vit : un professeur va jusqu'à le détester, mais en général il intrigue. Les gens se demandent si ce chauve au regard sombre, qui a des réactions si différentes des jeunes de son âge, est un idiot ou un génie. Le directeur de son école l'envoie consulter un psychiatre pour avoir le coeur net; las, c'est le spécialiste qui sortira confus de cette confrontation. Noi, lui, s'en fout. Il vit avec sa grand-mère, drôle de dame aphasique qui prend parfois des initiatives étranges, et se dispute avec son père, un chauffe




