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Libération

La face sombre de l'Islande

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«Noi Albinoi» conte avec humour le désespoir d'un jeune albinos.

Publié le 05/02/2003 à 22h07

Rotterdam envoyé spécial

L'an dernier, le festival international du film de Rotterdam avait rassemblé 350 000 spectateurs. Cette année, en présentant plus de 230 films dans 19 salles, la manifestation a dépassé ce record de 5 000 entrées. Il est parfois difficile de s'y retrouver mais l'effort prospectif se révèle payant. Sans remonter à la découverte de Jarmush, des rendez-vous avec Paradjanov dans le Rotterdam pionnier des années 70 et 80, n'est-ce pas ici qu'a eu lieu la première européenne de Mundo Grua de Pablo Trapero, ou que l'année passée, on vit, trois mois avant Cannes, le Japòn du Mexicain Carlos Reygadas ?

Regard sombre. Le film phare de cette trente-deuxième édition s'intitule Noi Albinoi et il est islandais. Il a déjà décroché le grand prix du festival d'Angers (Libération du 29 janvier). L'Islandais Dagur Kari, 30 ans, y raconte l'histoire de Noi, un jeune albinos de 17 ans. Cet adolescent taciturne perturbe les habitants de la petite ville isolée où il vit : un professeur va jusqu'à le détester, mais en général il intrigue. Les gens se demandent si ce chauve au regard sombre, qui a des réactions si différentes des jeunes de son âge, est un idiot ou un génie. Le directeur de son école l'envoie consulter un psychiatre pour avoir le coeur net; las, c'est le spécialiste qui sortira confus de cette confrontation. Noi, lui, s'en fout. Il vit avec sa grand-mère, drôle de dame aphasique qui prend parfois des initiatives étranges, et se dispute avec son père, un chauffe

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