Repéré il y a quatre ans avec le Vol de l'abeille, un premier long métrage en noir et blanc, au 16 mm énigmatique et simple, le Tadjik Djamshed Usmonov a tout mis en oeuvre pour réaliser son deuxième film, en 35 mm couleurs, au coeur même de son village natal, Asht, «un pays perdu», comme le dit son maire dans l'Ange de l'épaule droite. On a vu Usmonov en acteur (il jouait le rôle principal de la Route, de Darezhan Omirbaev), en producteur (il est parvenu à monter une coproduction entre l'Italie, la Suisse, la France et le Tadjikistan), puis en scénariste (il écrivit son film lors de son séjour à la Cinéfondation, au printemps 2001). Enfin, lors du dernier Festival de Cannes, on a pu voir cet Ange de l'épaule droite dans la sélection Un certain regard. Voici l'itinéraire exemplaire, entre parcours du combattant et trouvailles nécessaires, d'un film du jeune cinéma international.
En famille. Lorsqu'il rentre dans son village tadjik, après dix années d'exil à Moscou, Hamro revient veiller sa mère, mourante, qui n'en a plus que pour trois jours. Il s'apercevra peu à peu qu'il s'agit d'un piège tendu par l'honneur familial et la vendetta locale : la mère a mimé le mal afin d'attirer le fils qui a fui autrefois en laissant des dettes dans chaque famille et en abandonnant un garçon élevé par la communauté villageoise. L'Ange de l'épaule droite est une histoire de famille, jouée d'ailleurs par le frère, la mère, le père, les cousins et les neveux d'Usmonov, une histoire qui demeure




