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Libération
Interview

«La situation décrite existe toujours»

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A Buenos Aires avec Pablo Trapero, chroniqueur d'un pays en crise.

Publié le 09/04/2003 à 22h43

Buenos Aires envoyé spécial

Décembre 1999, La Havane. Mundo Grua, premier long métrage de Pablo Trapero, jeune cinéaste argentin de 27 ans aux cheveux longs et à la barbe noire, est projeté dans le cadre du Festival de La Havane. Le public cubain, affamé de cinéma, est enthousiasmé par cette histoire d'un ouvrier, ancien rocker, qui apprend à conduire une grue, tombe amoureux, puis doit quitter Buenos Aires pour le fin fond de la Patagonie, où il s'ennuie ferme. Montré deux mois plus tard au Festival de Rotterdam, le film connaît le même succès. On commence tout juste à dire que l'Argentine est en train de devenir une étape obligée sur le chemin du cinéma mondial et que Pablo Trapero est un de ses espoirs les plus sûrs. En mai 2002, El Bonaerense, le second film du jeune homme, est invité à Cannes dans la section Un certain regard. Le talent que l'on pressentait est confirmé par cette chronique de la corruption policière ordinaire.

Politique immuable

Novembre 2002 à Buenos Aires. Un an auparavant, le pays découvrait qu'il était en cessation de paiements, que sa prospérité récente avait été achetée à crédit. Les comptes en banque sont bloqués. Colère des citoyens, déprime ou débrouille. Mais, face à cette épreuve, le pays semble changer : les gens se parlent plus facilement. La politique, elle, est restée immuable, et l'ex-président Carlos Menem, un de ceux qui ont mis le pays sur la paille, espère obtenir un nouveau mandat en proposant un plébiscite sur le rétablissement de la

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