Depuis au moins les années 50, mais de plus en plus, les Américains frôlant Cannes s'isolent à l'Eden Roc à vingt bornes de la ville et ne daignent paraître publiquement que pour quelques heures et les télés. On se demande qui a refilé le virus, mais c'est un fait établi, signifiant statut pour la star ou pour le producteur, au même titre que trois Winnebagos sur le tournage, une caisse Veuve Cliquot et deux coiffeuses dans le contrat.
On ignore ou sous-estime souvent le facteur Eden Roc dans la décision des studios et les sélections de films américains à Cannes. Même si quelqu'un comme Eastwood désire venir, ou se laisser faire pour venir présenter Mystic River, ce n'est certainement pas Malpaso qui va raquer pour les tarifs prohibitifs de l'Eden et vu les vedettes et leurs nombreuses familles, l'ardoise n'est pas exactement négligeable même pour des Amerloques. Sans parler de la nouba qu'on attend toujours d'un studio US. Le facteur Eden fait aussi que Cannes n'a plus droit aux stars qu'à heures ou minutes fixes: on les dépose, ils posent, montent les marches, emplissent des fauteuils et s'en vont. D'un point de vue juste humain, quel intérêt pour des Ricains à être entre Ricains et répliquer Bel Air sur fond de Méditerranée? Mais il y a des humains aussi, Américains bon teint, qui touchent le pavé des vaches. L'année dernière, Jack Nicholson montait les marches pour About Schmidt. La première question au comité d'accueil en haut: «La projo d'Il Posto, d'Olmi, c'est à que




