C'est vraiment une histoire de chromosomes entre la France et l'Amérique, une différence qui touche au génétique plus encore qu'au politique. On peut en fréquenter. On peut même en aimer certains. Mais il restera toujours une marge infranchissable. Il en est ainsi des critiques américains à Cannes. A New York ou L.A., on en rencontre des intelligents, des cinéphiles, des francophiles même. A Cannes, ils semblent tous avoir la rage aux dents, un état que même le plat de nouilles à 20 euros ne peut entièrement expliquer.
Todd McCarthy a pulvérisé Elephant au bazooka dans Variety, ce qui n'est pas nouveau pour lui avec les films de Van Sant, mais le plus intéressant c'est que dans les trois critiques de la presse spécialisée anglo-saxonne on retrouve le même reproche : «No insight.» Pas de point de vue sur la question. La question étant la violence à l'école, cette pensée monolithique un brin glaçante semble interdire au cinéaste de faire ses choix esthétiques et moraux sur ce manque même de point de vue et d'explication. Plus dérangeant encore est cette habitude de McCarthy (pourtant cinéphile et auteur d'un bon livre sur Howard Hawks) de rendre compte du festival comme s'il nettoyait sa semelle. Ce qui ne regarderait que lui, si ses «insights» n'étaient si influentes auprès du reste de la presse, sans parler de la profession, outre-Atlantique.
Notant comme tout le monde qu'on restait encore dans l'expectative en ce début de festival, c'est sa manière de rendre compte de ce que




