Toronto envoyée spéciale
Sous perfusion cinématographique depuis une semaine, Toronto-la-moribonde revit. Désertée pour cause d'épidémie de pneumonie atypique, persécutée par les vaches et les moustiques (respectivement folles et porteurs du virus venu du Nil), paralysée le mois dernier par une gigantesque panne de courant, la métropole canadienne a trouvé son salut dans le septième art.
Dopée par le défilé de stars hollywoodiennes, étourdie par la projection de près de 350 films en provenance de 55 pays, la Ville-Reine accueille jusqu'à samedi une soixantaine de premières mondiales, dont In the Cut de Jane Campion, The Company de Robert Altman et Nathalie d'Anne Fontaine. Le festival, non compétitif, est devenu le deuxième marché du film derrière Cannes et s'affirme comme la porte d'entrée privilégiée du continent américain.
Rare lenteur. L'Europe profite pleinement de cette rampe de lancement. C'est ici que l'excellent premier film de Peter Webber Girl With a Pearl Earring (Jeune fille à la perle) du nom du célèbre et mystérieux tableau peint par Vermeer a fait ses premiers pas. Adapté du roman de Tracy Chevalier, le film du réalisateur britannique évoque l'influence d'une jeune domestique (l'incroyable Scarlett Johansson) sur les oeuvres du célèbre peintre hollandais (Colin Fith) et dépeint avec sensibilité leur relation. Un beau travail de composition et de lumière fait du film une succession de tableaux tout droit sortis du XVIIe siècle.
C'est aussi une photographie exc




