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Libération
Critique

Le tour de force d'«Oasis»

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Le Coréen Lee Chang-dong transforme un viol en histoire d'amour.

Publié le 12/11/2003 à 1h51

Lors de sa première projection à la Mostra de Venise en 2002, personne ne s'y était trompé, ni le public ni le jury. Oasis, découverte du festival, repartait avec trois prix, pour son réalisateur Lee Chang-dong, et son interprète, Moon So-ri. Et puis rien. Lee Chang-dong devenait ministre de la Culture en Corée du Sud, mais son film errait de festival en festival sans la moindre chance de toucher le public. Injustice que le distributeur français Les Grands Films Classiques répare aujourd'hui avec panache et courage.

Du courage, il en faut pour présenter un film dont les premières minutes vous glacent les sangs. Le jeune délinquant récidiviste Jong-du, simple d'esprit, a la bonne idée d'aller rendre visite à la famille de l'homme qu'il a tué dans un accident de voiture, une corbeille de fruits à la main, histoire de faire ami ami.

Vie de cloporte. A l'adresse du défunt, il trouve la jeune Gong-ju, tétraplégique atteinte de paralysie cérébrale (Moon So-ri, impressionnante), réduite à une vie de cloporte dans un studio crasseux par son frère aîné. Celui-ci passe de temps en temps s'assurer qu'elle est toujours en vie pour toucher les allocations de garde malade versées par l'Etat.

Jong-du, sous pulsion, viole la paralysée. Incapable de dire son traumatisme à quiconque, Gong-ju est terrifiée. Mais le délinquant revient quelques jours plus tard.

Alors qu'on se voyait glisser vers le sordide, nous voilà saisis par le romantisme d'une inespérée histoire d'amour. Le réalisateur, Lee Cha

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