Tourcoing envoyée spéciale
Montage aléatoire, narration générée par un programme informatique, relecture de films cultes via les nouvelles technologies, tel le Stalker de Tarkovski défilant selon la vitesse de connexion de l'internaute... Autant d'expérimentations que les cinéastes considèrent avec effroi (1). Au Fresnoy, studio national des arts visuels qui tente la fusion entre cinéma et nouveaux médias, la ligne de fracture traverse l'enseignement. Grégory Chatonsky, artiste surdoué de la création numérique, en discute avec Bruno Dumont, le réalisateur de l'Humanité et de Twentynine Palms (dont il tire pour le Fresnoy une installation). Et font le point pour Libération, avec leurs étudiants.
Grégory Chatonsky : Des oeuvres comme 201 A Space Algorithm, de Jennifer et Kevin McCoy, qui propose une lecture aléatoire du film de Kubrick, de même que les procédés de dégradation par pixellisation des films, posent la question du temps et de la construction de l'histoire, tout à fait différente avec les nouveaux médias, où le montage n'est pas prévu à l'avance.
Bruno Dumont : Sortir de l'écran unique me paraît dangereux. On peut toujours piquer les images de Kubrick mais, comme Jean-Marie Straub, j'ai un regard plutôt méfiant sur la modernité : elle doit être absolument convaincante. Le cinéma a su faire sens. Je ne suis prêt à m'incliner que s'il se passe quelque chose de nouveau.
G.C. : Dans un roman, l'histoire est pleine de possibles réduits à une trame. Alors qu'au cinéma, la rel




