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L'été torride du «Guépard»

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Alors que le film ressort en version restaurée et en DVD, le chef opérateur Giuseppe Rotunno raconte le tournage, les rêves de Visconti...

ParAgnès-Catherine POIRIER
Viviana ANDRIANI
Publié le 24/12/2003 à 2h27

«Il faisait tellement chaud, l'été où nous avons tourné le Guépard, que les milliers de chandelles du décor fondaient sans être allumées», se souvient Guiseppe Rotunno, le grand chef opérateur italien, rencontré un matin de décembre alors que «son» chef-d'oeuvre ressort sur les écrans français ainsi qu'en DVD, en version restaurée dans sa splendeur originale. «Pour la scène du bal, avec ses 400 figurants et leurs costumes qui aggravaient l'état de suffocation générale, nous nous étions mis d'accord, avec Visconti, pour opérer de façon quasi chirurgicale. A chaque fin de prise, nous éteignions tout, et nous nous retrouvions ainsi dans le noir total pour éviter de mourir de chaleur. Et puis, hop, Visconti disait "Action !" et la lumière jaillissait, éblouissante. On m'a souvent demandé si l'omniprésence des tons rouges dans le film était un parti pris artistique, eh bien, non, c'était un parti pris climatique. Les acteurs avaient chaud et ça se voit !»

Déférence. Rotunno, 80 ans, partage aujourd'hui son temps entre l'enseignement à l'école de cinéma de Cinecitta et la supervision des restaurations de films qu'il a photographiés pour Visconti et Fellini, entre autres grands noms. Dans les couloirs de Technicolor, atelier de restauration romain, les mains se tendent, les «Buongiorno Maestro» se teintent de déférence.

Dans sa salle de projection où trônent seulement deux fauteuils en cuir beige, Rotunno se souvient de ses premiers souvenirs de cinéma, dans les années 30, au Familia

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