Angers envoyé spécial
Premiers Plans d'Angers, festival de premiers films européens (qui s'est terminé dimanche), n'avait pas commencé depuis deux jours que le public et les critiques se divisaient déjà. Sur Retour à Kotelnitch. La première séquence de cette manière de documentaire signé par l'écrivain Emmanuel Carrère est étrange. Dans le wagon-restaurant enfumé d'un train russe, deux hommes, le réalisateur et un Russe francophone prénommé Sacha, évoquent un couple d'amis, dont un ? une ? les deux ? on ne sait trop, sont morts. Vodka et cigarettes ajoutent à la tristesse. Conscient de l'opacité du propos, Carrère, en voix off claire, nous tire soudain de notre rêverie pour introduire l'affaire.
Assassinat au KGB. L'auteur et sa petite équipe partent à Kotelnitch, à une journée et une nuit de chemin de fer à l'est de Moscou, pour visiter Galia Sergueïevna, la mère de leur amie Anna. Celle-ci et son bébé viennent d'être assassinés à la hache, officiellement par un fou... Carrère, Sacha, le cameraman Philippe partent assister au repas et à la petite cérémonie qui marquent la fin du deuil. Ils vont filmer le désespoir de Galia, rapprocher ces images de celles qu'ils ont tournées ici, un an et trois ans auparavant, quand ils étaient venus faire un film sur l'histoire d'un Hongrois capturé en 1945 par l'armée Rouge et reclus depuis (pendant 45 ans) à l'hôpital psychiatrique. Puis quand ils revinrent pour réaliser autre chose, sur les habitants de ce trou du cul du monde.
Carrère ren




