Sorti en octobre avec un visa «interdit aux moins de 16 ans», Ken Park de Larry Clark vient d'être reclassé «moins de 18 ans» par Jean-Jacques Aillagon. Le ministre de la Culture n'avait pas le choix, à moins de priver définitivement le film de toute possibilité d'exploitation : le 4 février, saisi par l'association Promouvoir (1), le Conseil d'Etat a annulé le visa initial du film. Il a certes refusé de considérer que Ken Park aurait dû être classé X (même «s'il comporte une scène de sexe non simulée et plusieurs scènes de violence»). Mais le Conseil a considéré que «le ministre, en interdisant la représentation seulement aux moins de 16 ans» avait fait «une inexacte application» du code de l'industrie cinématographique, eu égard notamment «à la scène de sexe non simulée évoquée ci-dessus, qui revêt un caractère particulièrement cru et explicite».
Cette décision, qui intervient à une quinzaine de jours de la mise en place de nouvelles conditions de contrôle des films, aggrave les inquiétudes des organisations de cinéastes (Société des réalisateurs de films, SRF, Auteurs réalisateurs producteurs, ARP) face au renforcement de la censure. Membre de la commission d'examen des films, Hervé Bérard, est le spécialiste des questions de censure au sein de la SRF.
Quelle est la portée d'une telle décision ?
Même si le film a déjà accompli une bonne part de sa carrière en salles, l'interdiction aux moins de 18 ans lui retire toute possibilité de diffusion à la télévision : pour le CSA, u




