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Libération
Critique

Les recalés sont de sortie

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Le Salon des refusés exhume plus de 500 films interdits de passage télé.

Publié le 07/04/2004 à 0h09

Avec pour enseigne ce titre «historique» de Salon des refusés, les organisateurs annoncent la couleur. Leur référence, c'est le Salon des refusés que Manet et Pissaro initièrent en 1863, présentant les oeuvres d'artistes alors exclus des salons officiels. Pour l'association organisatrice Addoc (Association des cinéastes documentaristes), c'est dans cette filiation que se situent les 554 films piochés dans le chutier des télévisions et présentés au Forum des images. Autant de documentaires réalisés ces trente-cinq dernières années qui n'ont pas eu les honneurs du petit écran. Une sorte de festival off de la télé.

«Un film refusé par la télévision n'est pas obligatoirement mauvais... au contraire !, explique Mireille Hannon, d'Addoc. Le public en aura la preuve.» Parmi ces blackboulés, on trouve un peu de tout. Des films récents. Une visite incongrue chez un retraité (le Jour des frites de Thomas Sipp, 2000). Un pamphlet sur la publicité (360° de bonheur de Sabine Massenet). Un film de famille (le Pêcheur de lune de Perrine Michel). Soit des films fragiles, peu «formatés» pour la télé. Mais des oeuvres plus anciennes aussi, comme ce récit de grève aux chantiers de Saint-Nazaire en 1967 (1er Mai à Saint-Nazaire de Marcel Trillat et Hubert Knapp), tourné pour Cinq Colonnes à la une et censuré par l'ORTF, formidable document toujours inédit à la télévision.

La manifestation est l'occasion de se faire une idée de l'évolution des goûts et dégoûts, pour ne pas dire des «lignes éditori

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