Ça commence bien : pour lancer Un certain regard, manière de compétition un cran en dessous, le Festival de Cannes (en pleine fondue artistique ?) a cru judicieux de nous infliger Bienvenue en Suisse. C'est vite dit, tant il est probable qu'après le visionnage par les festivaliers du monde entier l'office du tourisme helvète risque de ramer sévère.
L'accueillant guide n'est autre que Vincent Perez, star française à la filmographie de plus en plus cryptée, qui déjà l'an passé avait failli nous faire prendre un billet retour douze jours avant la clôture du festival en jouant les Fanfan la Tulipe. Ici, pendant près de deux heures, il a cru bon se laisser vêtir d'un pantacourt et d'un tricot de corps rouge en forçant sur un ridicule accent des alpages. Fanfan le gruyère accueille, ainsi déguisé en Heidi, un couple tombé de l'arbre Desplechin : Denis Podalydes-Emmanuelle Devos, de ces arrogants Français qui jettent leur paquet de clopes vides par terre et disent «soixante-dix» au lieu de «septante».
Eux sont des intellos ethno, les autres des scrogneugneux avides de pognon. Tous se retrouvent et le chemin dure le temps d'un film. C'est notre calvaire. Enfilade de numéros montagnards rejouant sans fin la mesure des attributs et défauts des deux pays, cet Interville de la connerie le dispute à la laideur. Les acteurs jouent sans exception comme des pieds et l'humour Clochemerle dont se réclame l'ensemble est sinistre. Max Pecas sans la fesse ?
Téléfilm du samedi soir sans la possibili




