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Libération
Critique

«Los Muertos», à tension

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Publié le 15/05/2004 à 0h38

Il n'est pas difficile, devant Los Muertos, d'exercer à plein régime son sens critique. S'il y a bien un film contre lequel on a envie de se protéger tout en mesurant à chaque plan-séquence l'aisance stupéfiante dont son réalisateur est capable, c'est bien celui-là. L'ouverture est un premier avertissement : l'Argentin Lisandro Alonso y promène sa caméra dans une végétation chlorophyllée que le flou volontaire de la mise au point rend plus trouble encore. Etant donné qu'il s'agit là d'une scène d'introduction, censée nous prendre par la main, on pourrait s'attendre à ce que quelque chose démarre, se passe ou se brise en une myriade d'éléments nouveaux. En tout cas que le cinéaste accouche d'un minimum d'informations. Il n'en sera rien. Alonso, c'est ce qui fait sa force plastique en même temps que l'agacement permanent qu'il suscite, est un esthète qui assume totalement le fait de jouer avec nos nerfs. Quelqu'un pour qui l'expérience de la vision d'un film équivaut à un plongeon dans un bain opaque. Sa virtuosité donne le vertige, en même temps qu'elle produit de l'écoeurement. Ça tombe bien, c'est exactement ce que le cinéaste, déjà auteur d'un premier film remarqué, La Libertad, entend bien provoquer en nous : un sentiment puissant de malaise, où l'évidence organique, la force innée de l'image (hypercomposée et plastique) est contrebalancée par la force même de son danger.

Los Muertos suit le trajet d'un homme qui sort de prison vers un but qui nous est inconnu et que le fi

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