Avis de grosse rumeur : qu'il s'agisse d'une info ou d'une intox, la Croisette aime à s'entendre dire depuis vendredi que Quentin Tarantino trouverait à Old Boy à peu près toutes les qualités requises pour la récompense suprême : un opus foutraque en provenance du coin le plus tendance de l'Asie (la Corée), adapté d'un manga japonais ultraculte, rivalisant de couillonneries en tout genre (séquestration, ingestion de raviolis, suicide du dernier étage...), et demandant au spectateur quatre fois plus d'énergie qu'un film habituel.
Tout le monde ne fonctionnant pas au régime Corn Flakes-Coke, il n'est pas impossible que, sur un spectateur normalement constitué, l'objet fasse surtout l'effet du n'importe quoi tout le temps. D'où division. Le fan-club français de Park Chan-wook, ouvert dans la foulée de son thriller pessimiste Sympathie for Mister Vengeance, soutient mordicus le cinéaste dans sa volonté de ne plus s'embarrasser de limites. Quand les autres (soit le reste de la planète) regardent passer le train.
Old Boy narre, et c'est irrésumable, l'aventure grotesque d'un type qu'un inconnu aurait séquestré sans raison quinze ans durant, l'obligeant à ne regarder que la télé. De façon tout aussi inexplicable, l'ahuri téléphage se retrouve libéré un beau matin, sans femme (assassinée), sans fille (évaporée), mais continuant de recevoir par portable interposé des ordres de son geôlier. Exemples : décimer en une chorégraphie tout un gang de rue, ou croquer à pleines dents un poulpe




