(à Los Angeles)
Les détracteurs du premier versement Kill Bill n'auront plus à palpiter du sphincter devant le second : autant l'un était une orgie de bastons chorégraphiés, autant l'autre est une orgie verbale, le Tarantino qu'on aime et apprécie le plus, celui qui écrit comme personne : de longues scènes délicieusement discursives, supérieurement jouées et mises en scène. Et, si on reste persuadé que la première partie aurait mieux fonctionné intégrée à la seconde (comme elle le sera dans la version de quatre heures qui sortira en salles au Japon et en Chine), il y a des avantages à la folie QT, ou aux impératifs du commerce : c'est un peu comme s'il nous livrait le director's cut et les bonus DVD, avec la sortie en salles. Les scènes qu'on préfère les digressions sur le poisson rouge qui fait flop-flop sur la carpette, les échanges de regards, le moment grandiose où Michael Madsen se fait virer du bar à nichons où il est videur , toutes ces séquences seraient les premières à gicler d'un montage plus raisonnable.
C'est sur ce mode déraisonnable que Tarantino triomphe finalement, celui qui l'a le mieux servi, surtout dans Pulp Fiction : ne suivre aucune règle narrative, tout s'autoriser au service de la jubilation visuelle et auditive. Ici, il mélange les textures (parfois trois pellicules de film différentes dans une même séquence), les tons, les genres et les cadences, pour livrer un film étrangement intimiste, vu la nature de la première partie. La Mariée se venge effec




