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Interview

Paul Vecchiali

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Paul Vecchiali, cinéaste, 74 ans, présente A vot' bon coeur, une comédie sur ses déboires avec la Commission d'avance sur recettes (Quinzaine des réalisateurs).

Publié le 18/05/2004 à 0h40

1. Quel est le comble pour un cinéaste ?

Se filmer lui-même.

2. Le dernier film que vous ayez vu ?

La Tête d'un homme, hier soir, sur une cassette que j'ai montrée à des amis. C'est toujours aussi magnifique, un des plus grands films français. Julien Duvivier va toujours plus loin que le sujet ne le permet, et, en 1932, a une prescience fondamentale de ce que sera le cinéma. C'est hypermoderne et je conchie tous les gens qui ont dit du mal de Duvivier : soit ils n'ont pas vu ce film, soit ils n'ont rien compris au cinéma. Quel réalisateur peut se permettre, quand un type est en train de mourir sous un camion, de terminer son film avec un poing qui tape sur le rideau fermé d'une pharmacie ? C'est hallucinant. Peut-être que ce poing sur la pharmacie n'est pas pour le mec en train de mourir, mais pour quelqu'un d'autre, pour une autre détresse. Cette ouverture d'esprit, on ne la voit jamais dans le cinéma américain et rarement dans le cinéma français.

3. Avez-vous un fétiche ?

Ce n'est pas un fétiche mais je dirais : la photo de ma mère.

4. Si vous étiez un personnage ?

Gueule d'amour. Parce qu'on m'a souvent appelé comme ça.

5. Si vous étiez une réplique ?

Dans l'Aventure de madame Muir (Joseph L. Mankiewicz, 1947), la longue déclaration d'amour du fantôme Rex Harrison à Gene Tierney quand il va disparaître de sa vie : «Nous ne connaîtrons pas ensemble les vents, les tempêtes...»

6. Si vous étiez un film ?

Le Plaisir, couplé avec Madame de... de Max Ophuls. On ne peut pas aller plus loin

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