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Interview

Ousmane Sembene.

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Le réalisateur sénégalais, 81 ans, est un pionnier du cinéma africain; son Mooladé, réquisitoire contre l'excision, figure en sélection Un certain regard.

Publié le 20/05/2004 à 0h41

1. Quel est le comble pour un cinéaste ?

Rester sans pouvoir faire de film.

2. Le dernier film que vous ayez vu ?

La Passion du Christ, de Mel Gibson. Je laisse les religieux se bagarrer dessus, ce n'est pas mon problème. D'un point de vue cinématographique, j'ai beaucoup aimé sa manière d'utiliser les gros plans, d'exploiter l'émotion au maximum. Quant à la soi-disant «violence» de la chose, vous savez, moi je vis en Afrique. Alors, la violence du film de Gibson, ça reste très relatif.

3. Avez-vous un fétiche ?

Ma pipe.

4. Si vous étiez un personnage ?

Charlot. C'est vraiment le personnage que j'admire le plus. Quand j'étais adolescent à Ziguinchor dans les années 30, mon père après la pêche me donnait des sous, et j'allais au cinéma pour voir les courts métrages de Charlot. A la sortie, je m'amusais à marcher comme lui avec une canne, comme des milliers d'autres personnes dans le monde. Par la suite, Chaplin est le premier réalisateur qui m'ait vraiment éveillé au cinéma avec les Temps modernes. La séquence où les ouvriers sont montrés en parallèle avec des images de moutons, et où Charlot est le mouton noir du troupeau, m'a beaucoup impressionné.

5. Si vous étiez une réplique ?

...

6. Si vous étiez un film ?

Je vais revenir à Chaplin : les Feux de la rampe. Parce que c'est sa confession en tant qu'artiste et homme. Son personnage de clown triste me rappelle ceux de nombreux romans japonais: il a beaucoup vécu, il est au soir de sa vie, il continue pourtant à aimer mais il ne croit p

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