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Libération
Critique

Fantômes et fantasmes de Bologne

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«Bologna Centrale» de Vincent Dieutre, évocation sensible de ses années italiennes.

Publié le 26/05/2004 à 0h47

C'était un dimanche de l'année dernière, un peu avant le début de l'été. Les fenêtres de l'appartement étaient restées grandes ouvertes pour que quelque chose remonte de la fraîcheur de la nuit. Les Ateliers de création radiophoniques de France Culture diffusaient Bologna Centrale de Vincent Dieutre, une émission inédite, pas encore un film, une lettre de cinéaste qu'il fallait écouter toute lumière éteinte quand, une fois le noir fait, on pouvait laisser nos propres images virtuelles embrayer à leur tour. Nulle obligation de connaître Bologne, ni la fin des années 70 et le début des années 80, pour qu'une forme apparaisse au plafond. La voix de Dieutre suffit. Sans doute parce que le son épais du micro-cravate l'a rendue si particulière, granuleuse. Plutôt que d'enregistrer cet essai radiophonique en studio, le cinéaste a préféré parler en marchant, établissant entre les ruelles de Bologne et ses propres souvenirs une circulation de fantôme. C'est son voyage d'hier.

Rouleaux super-huit. Il y a des voix de marcheur ému qui sont comme des travellings vers l'avant et des émissions de radio qui sont déjà un peu des films. On ne savait pas encore qu'en douce, pendant qu'il honorait sa commande pour France Cul, Dieutre tournait aussi des images, deux rouleaux super-huit de trois minutes par jour, et qu'il naîtrait du montage son de Bologna Centrale une colonne d'images, parallèle et libre de droits. Ce film-là sort enfin, en catimini selon la volonté du cinéaste, dans une salle (l

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