Début de l'été 2002. Une procession catholique traverse le village du Béage sur le plateau ardéchois. Pratiquement au même moment, à quelques kilomètres de là, on ferme une école primaire laïque à Sainte-Eulalie. L'Ecole en campagne va décrire le processus qui doit aboutir à la rentrée suivante au remplacement de l'école, seul établissement public du plateau, par une autre, publique, située au Béage, au coeur de l'Ardèche cléricale. Pour en arriver là, il faudra affronter l'hostilité de la majorité des habitants du Béage attachés à l'église, à l'école privée, et guère enchantés de voir la laïque lui faire de la concurrence sur ses terres. Il faudra aussi maîtriser le maquis administratif, le peu d'intérêt de Paris pour les écoles en milieu rural, les problèmes d'intendance.
La clé qui permettra d'ouvrir des perspectives sera la volonté farouche de quelques parents de conserver le droit de choisir l'école de leurs enfants. Ils seront aidés par un inspecteur départemental de l'Education nationale, patient mais ferme sur les principes de la laïcité. Ils bénéficieront enfin de la bienveillance jamais explicite d'un drôle de bonhomme, le maire du Béage.
Tous ces protagonistes, Christian Tran les traite comme de véritables personnages de cinéma. Il leur donne le temps de gagner notre attention et de se faire comprendre. Le comportement de l'inspecteur et des mères de famille, sortes de héros positifs républicains, est facilement lisible. Celui du maire, sans doute déchiré entre son




