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Mes dates-clés, par Raymond DEPARDON

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Publié le 02/06/2004 à 0h53

« 6 juillet 1942. Naissance «du» Raymond à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône. De Marthe Bernard et Antoine Depardon, agriculteurs, nés au siècle, en 1903 et 1905. Dans la famille, ce siècle tient en deux générations.

1952. A la ferme du Garet, dans la vallée de la Saône, une enfance formidable. Mes parents pratiquent une agriculture classique, autosuffisante. Sur 40 hectares, il y a tout : des vaches, des cochons, des poules, du blé, des vendanges, des moissons, des cerises, des chemins. Je suis à l’école primaire de Ponbichet. Le vélo, les grenouilles, le pain, les commissions, l’école séparée et le certificat d’études. Les culottes courtes, les cousins, le dimanche, les cimetières, les cousines de Bresse qui parlent fort.

1958. Montée à Paris. Rencontre avec Monsieur Louis Foucherand, photographe de presse indépendant. Je vais le voir avec mes photos : des veaux, des vaches, le cheval Bijou. «Que font vos parents ?» Je deviens tout rouge : «Cultivateurs.» Ce complexe va me nourrir, me donner de l’énergie. Foucherand m’engage comme apprenti photographe. Mes parents étaient désespérés, selon eux ce n’était pas un métier. Mais silencieux, jamais un reproche. Ce qui les tracassait le plus était de ne pas pouvoir m’aider. La photo, ils ne savaient pas d’où ça venait, moi non plus. Peut-être de la revue Miroir, à laquelle mon oncle était abonné. Ou ça passait ou ça cassait : soit je revenais à la ferme très vite, soit je n’y retournais jamais. Quand je sui

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