Remarquée et primée dans les festivals de courts métrages (Brest et Clermont), Pascale Breton passe plutôt bien le cap du long, avec cet Illumination étrange et attachant. On retrouve ici, suivant les chemins de traverse qu'elle emprunte sans ménagement, ce fantastique quotidien, né de l'inadaptation et de la réclusion, qui faisait déjà l'intérêt de la Réserve ou des Filles du 12, ses deux principaux courts. De même, les retours de la lande bretonne et de l'actrice Mélanie Le Ray offrent une cohérence à ce qui se présente déjà comme une oeuvre. Pascale Breton illustre cette «formation» à la française du jeune cinéma, passant sans heurt, et avec une continuité naturelle, du court au long et de l'apprentissage à la confirmation.
Ildutt hésite. C'est d'ailleurs aussi la limite du film : cette sérénité dans l'audace tourne parfois à la leçon de cinéma, autre cliché du jeune cinéma français d'auteur, quand la caméra s'attarde un peu trop complaisamment sur la douleur d'un visage, ou suit avec des trésors d'imagination l'errance d'un jeune homme perdu (la scène lyrique et quasi ridicule du rond-point, par exemple). Ces réserves mises à part, Illumination tient ses promesses, film attaché aux hésitations d'un personnage déphasé et inadapté, Ildutt qui, entre ses petits boulots, ses parents moches, son environnement urbain sinistre et ses propres tourments, n'est pas loin de virer autiste et frise le cas pathologique.
Les cheveux en pagaille et en bataille, crade et barbichu, le profi




