Quand, en septembre, la Pelote basque (la Peau contre la pierre), le documentaire de Julio Medem sur les racines de la crise au Pays basque a été montré pour la première fois au festival de San Sebastián, il a soulevé des polémiques. El Mundo, quotidien madrilène de droite, l'a accusé de n'être que l'illustration de la politique du lehendakari (président de la région d'Euskadi) Ibarretxe, c'est-à-dire un plaidoyer pour l'indépendance. En soi l'accusation était un peu courte. Le réalisateur de Vacas, des Amants du cercle polaire et de Lucia y el sexo a quand même l'âge (46 ans) d'avoir des idées politiques, et tant pis si elles correspondent à celles du lehendakari et de son parti, le PNV, majoritaire en Euskadi (44 % des voix aux élections régionales) et démocratique.
D'autant que le cinéaste n'a jamais manifesté aucune sympathie pour le terrorisme de ETA. Pas de quoi faire un scandale. Sauf en Espagne où cette question basque est vécue les nerfs à vif. El Pais, quotidien madrilène de gauche, a reproché de son côté au cinéaste de mettre sur le même plan les victimes de ETA et les prisonniers issus de cette même organisation. C'était déjà plus proche de la vérité. En fait, le film pâtit surtout de son parti pris formel : 70 témoins prennent tour à tour la parole, de toutes les tendances de l'opinion publique basque. Seuls les membres du Parti populaire, le parti d'Aznar alors au pouvoir, et de ETA en tant que tel (mais des proches interviennent à l'écran) ont refusé de partici




