Promu officier de la Légion d'honneur au Festival de Cannes, dans la même cuvée que Quentin Tarantino, Milos Forman, 72 ans, se souvient de Hair, qui vient de ressortir sur les écrans français. Comédie musicale lancée à Broadway en 1967, Milos Forman l'a portée au grand écran douze ans plus tard. Le cinéaste parle également des guerres du Vietnam et d'Irak, ainsi que de la nouvelle vague de cinéastes tchèques.
Quand avez-vous découvert «Hair» ?
Lors du filage de la pièce dans un hangar de New York, avant même les représentations au public, en 1967. Je ne comprenais pas un traître mot d'anglais mais j'ai aussitôt aimé les mélodies de l'oeuvre de Jerome Bragni et James Rado. Je les ai retrouvés en coulisses après le spectacle. Nous avons réussi à communiquer avec trois mots et beaucoup de grands gestes. Lorsque, en 1969, juste après mon installation définitive aux Etats-Unis, la Paramount a pris contact avec moi, je leur ai dit que je voulais adapter Hair au cinéma. Le projet a mis dix ans à aboutir. Le paradoxe, c'est que le sujet autour de la guerre du Vietnam ne m'intéressait pas. Je n'étais pas vraiment contre. Comprenez-moi bien, j'ai vécu sous deux régimes totalitaires jusqu'à mes 36 ans. Tout d'abord la barbarie nazie (le père juif et la mère protestante de Forman sont morts en camp de concentration, ndlr), ensuite le communisme. Pour moi, les gars qui allaient se battre contre les cocos avaient des airs de hérozs !
Ce qui m'intéressait dans Hair, c'était la musique et cet esprit de liberté.
Vingt-cinq ans après, que retenez-vous de «Hair» ?
L'énergie que n




