Faire la critique d'un film qui est avant tout, déjà, la critique de lui-même, laquelle aboutit d'ailleurs à la conclusion que le film n'existe pas, bonjour ! Ce serpent qui s'avale jusqu'à se ligoter dans une position absurde est l'adaptation exagérément fidèle de l'avant-dernier roman de Christine Angot, qui sait si bien, par sa verve écorchée et ses épanchements personnalisés, mettre le Landernau en émoi. De même qu'Angot se tape la tête contre les murs dans ses bouquins pour dire son impuissance et sa souffrance, à vivre et à écrire, Masson, selon une mise en abyme qui littéralement la kidnappe, construit son affaire à partir de fragments qui racontent l'impossibilité de faire ce fucking film : suite d'entretiens pathétiques, parfois émouvants, avec son mari (Marc Barbé), son producteur (Bernard Lecoq), le pédiatre de ses enfants (Arditi), d'autres dans leur propre rôle (Auteuil, goguenard ; Huster, drôle...). C'est l'un des charmes du film de mixer les identités vraies et fausses, de passer de la vraie Masson et de la vraie Angot à la fausse Masson et à la fausse Angot, jouées par la même (Elsa Zylberstein, idoinement boudeuse).
«Je suis nulle», «je n'y arrive pas», «je suis un monstre», «j'ai tout raté», «ce n'est pas possible»... En reproduisant parfaitement le système d'autodéglingue d'Angot, Masson, parce que le cinéma grossit comme une loupe ce que les mots oblitèrent autant qu'ils révèlent, rend soudain visible un certain rapport féminin à la vie et notamment à la




