Londres correspondance
Une octogénaire aux allures de jeune fille vous ouvre la porte de sa maison du nord de Londres. Large sourire et gestes déliés, c'est Betsy Blair.
De 1941 à 1956, vous vivez à Hollywood avec votre mari Gene Kelly. Une belle période ?
Nous étions chouchoutés comme ce n'est pas permis. La MGM s'occupait de tout : de réserver nos billets de train, notre table au restaurant, de nous ouvrir des comptes dans les magasins... Il suffisait de lever le petit doigt. Je profitais, quand je le désirais, des services des coiffeurs et des maquilleurs du studio.
Que faisiez-vous le week-end ?
Nous recevions les amis dans notre maison aux allures de ferme anglaise, sur Rodeo Drive. J'organisais des tournois de volley-ball et des concours de charades. Parmi nos amis, beaucoup de réfugiés ayant fui l'Europe nazie : Charles Boyer, Bertolt Brecht, Jean-Pierre Aumont, Jean Gabin, Louis Jourdan, Salka Viertel, bien d'autres.
Gene Kelly, c'est votre grand frère, mari, mentor, amant ?
Oui, il m'a formée à tout, surtout à la politique, mais également aux arts plastiques, à la littérature, au théâtre. Il m'a encouragée à suivre les cours de Lee Strasberg, m'a aidée à décrocher quelques rôles.
Très vite, Gene Kelly est une star planétaire. Au quotidien, cela donnait quoi ?
Souvent, la nuit, je me réveillais, sa place était vide. Il était au sous-sol, dans la salle d'échauffement, en train de répéter ou de mettre au point une chorégraphie qu'il venait sans doute de rêver !
Au faîte de sa ca




