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Tout Vertov à Pordenone

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Le réalisateur de «l'Homme à la caméra» en rétrospective.

Publié le 20/10/2004 à 2h39

Pordenone-Sacile envoyé spécial

Les vingt-troisièmes journées du cinéma muet de Pordenone-Sacile (Italie du Nord), qui se sont closes dimanche, ont été marquées par la figure de Dziga Vertov : jamais l'oeuvre du cinéaste soviétique n'avait été l'objet d'une rétrospective plus complète. Elle intègre non seulement ses grands titres, de l'Homme à la caméra à Enthousiasme, mais aussi les Kinonedelia, actualités de la fin des années 10, et les Kinopravda, bandes qu'il a dirigées à partir de 1922. Une exhaustivité que l'on doit à Yuri Tsvian, historien russe du cinéma.

Dans les Kinonedelia, plombées par une technique hésitante et une idéologie pesante, on perçoit des bribes de réalité. Comme l'encadrement de la population par le parti et l'Armée rouge, que Vertov célèbre. Ensuite, les Kinopravda, plus réussis techniquement, sacrifient avec zèle au culte de Lénine, surtout après sa mort en 1924 ­ jusqu'en 1925, on voit aussi beaucoup Trotski. Une bande de 1922 est consacrée au procès des Socialistes révolutionnaires: la foule y conspue leurs avocats, deux socialistes, Vandervelde et Liebknecht.

Toupie. En 1929, Vertov tourne l'Homme à la caméra, le moins «léninolâtre» de ses films... mais idéologique malgré tout, portant les valeurs du futurisme, ce mouvement fondé en Italie par Marinetti et relayé en Russie par Maïakovski : gloire à la vitesse, aux machines, au progrès. Et au montage accéléré. C'est moins pénible que les Trois Chants sur Lénine, où Vertov identifie le fondateur de l'

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