Le 37e festival de cinéma de Catalogne, qui se déroule du 2 au 11 décembre à Sitgès, à une trentaine de kilomètres au sud de Barcelone, se recentre cette année sur sa raison d'être : le cinéma fantastique et d'horreur.
Les années 80 et 90 avaient vu Sitgès devenir un rendez-vous couru, avec une ouverture au cinéma «mainstream», la présentation de films découverts dans de gros festivals, qui n'avaient rien à voir avec le fantastique. Le tout bénéficiant d'une infrastructure rodée. En un mot, Sitgès était guetté par l'embourgeoisement. Certains responsables politiques et culturels locaux rêvaient tout haut d'une programmation «généraliste» de dimension internationale, un festival de Cannes, Berlin ou Saint-Sébastien au niveau catalan.
Né en 1968, sous le franquisme, comme un geste d'opposition au pouvoir, à son goût pour les arts pompiers et à sa moralité nationale catholique, Sitgès ne sera pas normalisé. «Un abandon ou un affaiblissement de sa personnalité, de sa marque historique, aurait été une erreur», affirme Angel Sala, son directeur, qui a su en convaincre les bailleurs de fonds : cette année, la Généralité (le gouvernement catalan) et la municipalité ont encore augmenté leur apport et soutenu la tonalité sans équivoque du cru 2004.
Présentée dans l'auditorium, salle moderne et très réussie d'un grand hôtel, la sélection officielle entièrement consacrée au genre est plus que jamais raccord avec les deux emblèmes du festival : un King Kong les pieds dans la Méditerrané




